Quelqu'un a déplacé la plaque fermant la fosse septique, l'enfant s'est noyé dedans. Il ne s'agit pasd'un acte de malveillance, plutôt d'un « geste malheureux », a indiqué hier le procureur.
La piste accidentelle se confirme dans la mort du petit Nicodème, comme l'a déclaré, hier, Alexandre de Bosschère, le procureur de la République de Saint-Malo. Après de longues recherches, le corps de l'enfant de 22 mois avait été découvert lundi matin, dans la fosse septique à l'arrière de la maison des grands-parents, à Pleurtuit (Ille-et-Vilaine).
L'autopsie pratiquée lundi, à Rennes, n'indique rien de suspect. « Il n'y a pas de traces de violences. La mort par noyade est confirmée, elle s'est produite très rapidement. L'heure du décès correspond à l'heure de la disparition. »
La plaque de béton d'une quinzaine de kilos qui fermait la fosse « a été déplacée, a affirmé le procureur. Il est exclu qu'elle ait basculé toute seule ». Quand les recherches ont débuté, elle était en place. Qui l'a fait bouger? C'est toute la question. Pas le petit garçon, trop jeune. Peut-être un autre membre de la famille, un enfant ou un adulte. L'intervention d'un tiers a été exclue par les enquêteurs. « Il ne s'agit pas d'un acte de malveillance. » On s'oriente vers « un geste malheureux, dit le procureur. L'erreur d'une personne qui se trouvait là. Une négligence ou un jeu, peut-être le mélange des deux. »
« Expliquer,pas mettre en cause »
Les auditions de la famille vont se poursuivre. Un enfant a déjà parlé aux gendarmes, les autres le feront également. Au moment de la disparition de Nicodème, samedi après-midi, il était chez ses grands-parents avec ses trois frères, âgés de 5, 7 et 9 ans, et une cousine.
Une cellule d'aide psychologique a été mise en place. « L'enquête a pour objet d'expliquer les choses, pas de mettre en cause quelqu'un », souligne Alexandre de Bosschère. Le procureur veut protéger une famille « profondément bouleversée, qui s'est montrée digne, responsable, déterminée à coopérer». Il n'a pas prévu d'ouvrir une information judiciaire.
Selon Vincent de la Morandière, avocat au Barreau de Paris, « nous sommes ici dans le cas d'un homicide involontaire. Celui qui a ouvert la plaque de la fosse a une responsabilité indirecte dans l'accident, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de causalité immédiate. Il ne ne s'agit pas non plus d'une faute délibérée. Donc il n'y a pas de responsabilité pénale. »
L'affaire devrait en rester là. Pressé de questions, le procureur de la République a fini par lâcher : « Même si on sait un jour, je ne vous le dirai pas. »